René-Paul Elleliara s’est éteint : La Réunion perd un zarboutan du maloya et du séga
Chanteur, percussionniste et maître du roulèr, le Saint-Pierrois René-Paul Elleliara est mort ce mardi 3 novembre 2026 à 76 ans. De Kalou Pilé à Okilé, il a porté le maloya lontan pendant plus de soixante ans.
René-Paul Elleliara s’est éteint ce mardi 3 novembre 2026 à Ravine Blanche, à Saint-Pierre, à l’âge de 76 ans, selon Imaz Press et Le Quotidien. Chanteur, percussionniste et maître reconnu du roulèr, il était l’un des zarboutan du maloya et du séga réunionnais.
De la cour Isautier aux orchestres de bal
Né en 1950 à Saint-Pierre, René-Paul Elleliara a grandi près de l’ancienne distillerie Isautier, dans un milieu modeste. Enfant, il faisait déjà sonner les objets du quotidien : fer-blanc, arrosoirs, marmites. La musique se partageait dans les cours, entre voisins et proches.
Il commence la musique à 7 ans, à la Maison des jeunes de Saint-Pierre, d’abord comme « mascotte » d’un orchestre, puis dans les radio-crochets des fêtes de quartier. De 1965 à 1980, il joue dans les orchestres de bal et les grands groupes folkloriques, comme Kalou Pilé ou Créolie.
Le maloya lontan, de Quatre Épices à Okilé
Il se tourne ensuite vers le maloya traditionnel. Il crée Quatre Épices, passe par Massalé, puis participe aux aventures de Kisaladi, Ladilafé et Okilé. Avec ces formations, il voyage en France, en Angleterre ou en Italie pour présenter le maloya, le séga, le quadrille et les costumes réunionnais.
En solo, il signe la cassette Ti Dalon (1992), le CD Rogaton (2003), puis le double best-of Dalon la cour (2006). On y trouve notamment « La po graton », en duo avec Danyèl Waro. Le public le connaît aussi pour « Tombé lévé ».
Pour réentendre « Tombé lévé » :
Un passeur de mémoire
Attaché au maloya lontan, joué au roulèr, au fer-blanc et au bobre, il préférait l’acoustique et la proximité du public aux grandes scènes. Ce maloya représentait, disait-il, « nos valeurs, nos racines, notre identité, notre héritage ». Son œuvre lui a valu le prix Zarboutan de la Sacem.
Homme de terrain, il s’est investi toute sa vie auprès des jeunes des quartiers. En septembre 2023 sortait encore le clip de « Bann’Gayar », titre qu’il a écrit et composé, réalisé par RÉAL S (studio Kaf Records) :
Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux. Un mois après la mort de Joël Manglou, autre figure passée par Kalou Pilé, la musique péi perd une nouvelle voix. Relire notre hommage à Joël Manglou.
Photo : capture du clip officiel « Bann’Gayar » (réalisation RÉAL S, 2023).



