WCMF 2026 : Ne-Yo au festival créole de la Dominique, un choix qui fait débat
Ne-Yo au World Creole Music Festival : une première qui divise les fidèles du festival créole. Marva Williams, directrice de Discover Dominica, défend le choix au nom de la visibilité de la Dominique.
Le World Creole Music Festival a refermé sa 26e édition le dimanche 25 octobre au Windsor Park Sports Stadium de Roseau, avec Machel Montano en clôture. Mais à l’heure du bilan, c’est la venue de Ne-Yo qui fait parler : pour la première fois, le festival dédié aux musiques caribéennes et créolophones a invité une star américaine du R&B, rappelle Martinique la 1ère. Les avis sont partagés, et Discover Dominica, l’autorité du tourisme de l’île, défend son choix.
Ne-Yo, première star R&B américaine du festival
Ne-Yo était la tête d’affiche du samedi 24 octobre, deuxième soirée du festival, lancée à 20 h (heure de la Dominique) sur la scène du Windsor Park, aux côtés notamment de Tabou Combo, Extasy Band et Full Blown. C’était sa première venue au festival. Sur sa page officielle, Dominica Festivals a résumé la soirée ainsi : « la superstar internationale a livré une prestation qui a fait chanter le Windsor Park Sports Stadium » (traduit de l’anglais, publication citée par WIC News).
Au micro de Monelle Alexis, de Discover Dominica, en marge de son concert, le chanteur de 47 ans a confié découvrir l’île : « c’est ma première fois ici ». Pas de préparation particulière pour ce public, assure-t-il : « les chansons parlent un peu d’elles-mêmes ». Et de conclure à l’adresse des Dominiquais : il ne connaissait pas l’île et ignorait y avoir un public aussi fervent ; maintenant qu’il le sait, « merci beaucoup pour l’amour et le soutien » (traduit de l’anglais, interview publiée par Discover Dominica). L’entretien en intégralité :
Discover Dominica assume un pari de visibilité
Lors du bilan du festival, Marva Williams, directrice générale de la Discover Dominica Authority, a défendu l’invitation de Ne-Yo. Selon les organisateurs, l’objectif était de donner plus de visibilité à la Dominique sur la scène internationale et de renforcer son attrait touristique, rapporte Martinique la 1ère, qui cite la responsable : « On attire l’attention sur notre pays et nous adoptons une allure plus importante et diversifiée. »
À ceux qui reprochent au festival de s’éloigner de la culture créole, elle répond : « Ce n’est pas vrai ». « Quand on grandit, il faut ajouter d’autres éléments qui vont élargir l’ensemble, l’image comme les retombées, et le festival apporte de la visibilité à la Dominique : alors pourquoi ne pas s’en servir comme d’un outil pour continuer à faire connaître la destination et à renforcer son intérêt ? », a-t-elle déclaré à Dominica News Online (traduit de l’anglais). Pour elle, c’est même ce qui distingue le WCMF des autres rendez-vous de la région : « l’aspect créole, que nous entretenons fortement ». La radio publique DBS rapporte de son côté que, selon Marva Williams, le passage de Ne-Yo aidera à mettre en valeur la Dominique comme destination.
Marva Williams reconnaît toutefois une édition plus difficile, et très différente de la précédente, une 25e édition voulue en grand. Elle évoque des facteurs extérieurs, la hausse du carburant qui renchérit les vols, et des voyageurs plus hésitants : « Certaines personnes ont peur de voyager ». Elle salue en revanche le travail des équipes, avec des changements de plateau plus rapides entre les artistes, une critique récurrente des festivaliers.
Les puristes craignent pour l’identité du festival
Pour une partie des fidèles du WCMF, le R&B de Ne-Yo n’avait pas sa place dans un festival créole, et l’événement risquerait de perdre son identité, résume Martinique la 1ère, qui cite un festivalier : « On a perdu notre chemin et notre identité en essayant de plaire aux autres ».
La chaîne rapproche ce virage de celui du Saint Lucia Jazz Festival, qui a élargi sa programmation au gospel, aux musiques de la Caraïbe et aux artistes internationaux, au risque de dérouter les puristes du jazz. Pour Martinique la 1ère, la Dominique semble suivre la même voie : la musique et la culture créoles resteront à l’honneur, mais avec d’autres propositions à côté.
Machel Montano referme la 26e édition
Le dimanche 25 octobre, la soirée de clôture a mêlé les styles : soca avec Machel Montano, reggae avec Maxi Priest, amapiano avec Uncle Waffles, mais aussi Fridayy, le soukous du Congolais Diblo Dibala, les Guadeloupéens Les Aiglons et Jean-Marc Ferdinand, et le bouyon de Shelly & Signal Band, Nice et Gwada G. C’est Machel Montano, le roi de la soca, qui a refermé l’édition. Pour Les Aiglons, Dominica Festivals a parlé d’« une prestation qui relie les générations et nous rappelle pourquoi le WCMF est la maison de la musique et de la culture caribéennes » (traduit de l’anglais, cité par WIC News).
Le festival s’était ouvert le vendredi 23 octobre sur une soirée reggae et dancehall, avec Capleton, Skillibeng, Klass et la Martiniquaise Maurane Voyer. Discover Dominica a publié un extrait du concert de Capleton au Windsor Park :
Relire notre présentation de l’affiche du WCMF 2026, publiée avant le festival.
Photo de couverture : Capleton sur la scène du WCMF 2026 (capture du live officiel Discover Dominica)



